Olivier Véran : « J’ai touché du doigt le burn-out »

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Un exercice rare en politique. L’actuel porte-parole du gouvernement – et surtout ancien ministre de la Santé – Olivier Véran a été interrogé par nos confrères du Parisien, ce mercredi 7 septembre. Et ce, à l’occasion de la sortie, jeudi, de son livre Par-delà les vagues aux éditions Robert Laffont. Dans cet entretien, le membre du gouvernement explique avoir frôlé l’épuisement mental, à la fin de la première vague épidémique, au printemps 2020.

« J’ai touché du doigt le burn-out, je crois. Un matin, vers la fin de la première vague, entre un conseil de défense et un conseil des ministres, dans le parc de l’Élysée. J’ai eu des vertiges, de profondes nausées, les jambes qui flagellent. À l’époque, je dormais trois heures par nuit, je sautais plein de repas, le stress était permanent. Puis j’ai regardé les arbres, j’ai soufflé et c’est reparti sur le coup », raconte-t-il. Ne voyez pas dans ce livre une façon, pour l’exécutif, de justifier les décisions qui ont pu être prises durant la crise sanitaire. Olivier Véran expliquant vouloir faire « montre de transparence »

Exemple le plus marquant : celui des masques. « La vérité, c’est que, sur les masques, nous nous sommes trompés, ni plus ni moins. Nous, l’Organisation mondiale de la santé, les autorités sanitaires internationales. De bonne foi, certes, mais nous nous sommes trompés », assure l’ancien ministre de la Santé. En effet, au printemps 2020, l’exécutif avait martelé que l’utilisation des masques était inutile. Et ce, alors que la France ne disposait plus d’un stock suffisant pour équiper toute la population, dans un contexte de rupture mondiale.

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Didier Raoult, « un MacGyver déguise en chaman »

Dans le même temps, Olivier Véran confie avoir éprouvé une forme « d’incrédulité » au début de la crise sanitaire. En février 2020, alors que l’Italie est submergée par le Covid-19, la France pense encore arriver à passer entre les gouttes, sans avoir à mettre à genoux son économie. « Quand je vois ce qui se passe là-bas, je saisis qu’un virus va changer la face du monde. Pour moi, ça a été le moment de bascule », explique-t-il, en référence à la décision de Rome de fermer les établissements scolaires.

Retraité de ses activités scientifiques, le professeur Didier Raoult n’est pas épargné non plus, alors même qu’il est épinglé dans un nouveau rapport issu d’une enquête administrative. « Pendant cette crise, on a eu un MacGyver déguisé en chaman, auréolé d’une grande carrière et qui disait avoir trouvé le remède miracle », dénonce Olivier Véran, dans les colonnes du Parisien. Il avoue avoir été « interpellé » par la puissance de l’adhésion des élus politiques et d’une partie de la population à la thèse de la chloroquine, vantée par le professeur marseillais.

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Enfin, Olivier Véran évoque les poursuites judiciaires qui visent une partie de l’exécutif, sur sa gestion de la crise. S’il ne remet pas en cause l’action judiciaire, il assure avoir vécu la perquisition qui a touché son domicile comme un « viol de [son] intimité ».




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